Grands Cristaux sur Porcelaine

 

REPRODUCTION D'UNE SCULPTURE
 

 

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Suivi de la création d'une de mes nouvelles pièces cristallisées… 

 

5ème et dernière PARTIE 

 
J'ai réalisé cet article pour expliquer mon travail en détails à partir du lancement d'un nouveau projet.
 
Afin de montrer le côté laborieux de cette tâche et dévoiler ses multiples facettes, cette série de pages web est illustrée avec les documents réalisés lors de la création de mon OURS POLAIRE CRISTALLISÉ en juin et juillet 2012.
 
Aboutir à la reproduction en porcelaine cristallisée d'une sculpture par la technique du coulage nécessite des heures de travail. Ce n'est pas juste un " simple moulage " comme l'imaginent ceux qui ignorent tout du travail accompli sur ce type de pièce. Un tel projet nécessite un vrai savoir-faire et des compétences multiples pour la sculpture du modèle, la conception du moule, la formulation de la pâte de coulage (pour barbotine), le coulage et la finition des pièces, la création des glaçures cristallines, leur application et leur cuisson. L'investissement en temps et en énergies est sans pareil à celui de pièces tournées.
 
Cette cinquième et dernière page de la série montre la finition et les cuissons de l'ours polaire dont des reproductions figurent dans ma galerie web des Ours.
 
Denis Caraty,
Céramiste
1ère partie : Sculpture de l'ours polaire
2ème partie : Réalisation du moule de l'ours polaire
3ème partie : réalisation d'une barbotine de porcelaine
4ème partie : Coulage et démoulage de l'ours polaire
 
 
 
 FINITION & CUISSONS DE L'OURS POLAIRE
 

Les pièces coulées sont posées sur des rondeaux de plâtre mises à sécher sur des étagères. Quelques jours suffisent pour obtenir des pièces parfaitement sèches.

Après le séchage les pièces subissent une finition avant la cuisson de biscuit. Les lignes de coutures et les imperfections sont rectifiées avec la lame d'un couteau et une éponge humide.

Il est inutile de prendre trop de risques en manipulant ces pièces crues très fragiles et de pousser trop loin la finition. S'il reste de petits défauts ils pourront être supprimés après la cuisson de biscuit. Le biscuit de porcelaine est très tendre, il se travaille facilement et les pièces biscuitées sont bien plus solides que les pièces crues.

La photo ci-contre montre des ours et des chats fraîchement coulés mis à sécher.

A l'issue de la finition en sec, les pièces sont mises au four électrique pour la cuisson de biscuit.

La courbe de cuisson se déroule selon un programme automatique généré par un programmateur-régulateur Pixsys de type ATR620.

Durée de la chauffe : 8h20mn

Température maxi : 1030°C

 

 

Après la cuisson de biscuit de petites rectifications sont faites avec du papier de verre fin. Le biscuit est très tendre, il se travaille facilement.

Les traits de l'ours peuvent être améliorés avec de petits outils de sculpteur (yeux, bouche, nez...). La signature en creux sous la base de l'ours est accentuée à l'aide d'une pointe fine en inox.

La base de l'ours est rectifiée en la frottant sur une planche bien plane garnie de papier abrasif. Ceci assure la facilité du désémaillage du pied après l'application de la glaçure.

Après l'accentuation de la signature et la gravure du numéro de série, un colorant (pigment céramique) est appliqué au pinceau sur les gravures puis effacé à l'éponge pour qu'il ne subsiste que dans le creux des tracés.

J'émaille mes pièces avec un nébulisateur relié à une arrivée d'air comprimé commandée au pied par la pédale d'un distributeur. Le faible encombrement de ce dispositif et sa bonne tenue en main permettent une extrême précision dans l'émaillage. Le nébulisateur produit très peu de brouillard. De toutes petites quantités d'émail peuvent ainsi être utilisées avec ce système et quasiment sans perte. L'aspect de la couche d'émail déposée est lisse et régulière.

La cabine d'émaillage est à rideau d'eau sur ses trois côtés et est mise en dépression atmosphérique sous l'effet d'une VMC qui capte en partie haute. Un bac de décantation assure le recyclage de l'eau.

La photo ci-contre montre l'application d'une première glaçure sur le biscuit de l'ours.

Le biscuit nu est pesé avant l'émaillage et le contrôle du poids des glaçures déposées est effectué tout au long de l'application sur une balance électronique à précision de 1g.

Les autres couches de glaçures sont déposées à la suite. Chacune étant contrôlée en poids déposé selon une recette propre à l'effet final recherché. Les notes des poids déposés sont recueillies sur un carnet de bord ainsi que tous les autres paramètres de mise en oeuvre.

Avant l'enfournement, la plaque réfractaire qui supportera l'ours pendant la cuisson est vérifiée pour s'assurer que la couche d'alumine qui la recouvre est en bon état. L'alumine mélangée à de l'eau contenant un peu de bentonite est déposée au nébulisateur. Les deux faces de la plaque sont recouvertes d'alumine et numérotées. A chaque cuisson la plaque est retournée. Le numéro (1 ou 2) est noté sur le carnet de bord, ce qui évite d'oublier ce geste à la cuisson suivante et assure la longévité de la plaque qui finirait par se déformer si elle était toujours utilisée sans retournement.

L'ours dont le pied a été désémaillé repose directement sur la plaque, sans catcher.

Autour de l'ours sont disposés de petits oeufs installés dans des coupelles. Ce sont des essais de nouvelles glaçures qui n'ont pas encore fait leurs preuves... A chaque cuisson j'essaie d'avoir quelques tests dans le four pour faire avancer mes recherches.

 

La cuisson est démarrée immédiatement après l'enfournement. Il ne s'écoule guère moins de 1/4 d'heure entre la fin de l'émaillage et la mise en chauffe du four.

Cuisson en four électrique 3000 Watts

Courbe de chauffe en 24 segments programmée sur ATR620 de Pixsys.

Entrée thermocouple S - Pt/Pt-Rh10%

Sortie de régulation 0/12 V DC sur SSR.

Refroidissement accéléré automatique en fin de montée pour chuter de 200°C en 20 mn.

Froid à froid en 26h00.

L'ours est cuit... Enfin !

En le disposant à côté d'une pièce crue on constate un changement de taille spectaculaire... Le retrait de cuisson de la pâte de porcelaine est d'environ 14%, l'ours final a rétréci dans toutes ses dimensions et perdu 50 mm en hauteur.

Le pied de l'ours dans sa dimension la plus longue a perdu plus de 30 mm. Le retrait du pied s'est fait grâce à la couche d'alumine peu compacte qui a permis le glissement de la porcelaine en rétraction.

Ici s'achève le document sur mon ours polaire. J'espère que les différents volets de cet exposé ont permis d'apprécier la valeur de ce travail très technique sur la création céramique et les glaçures à cristallisations.

Denis Caraty
Céramiste

 

 
1ère partie : Sculpture de l'ours polaire
2ème partie : Réalisation du moule de l'ours polaire
3ème partie : réalisation d'une barbotine de porcelaine
4ème partie : Coulage et démoulage de l'ours polaire
 
Galerie des Ours cristallisés
 
 
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